Guy Giard
Art Contemporain

Qui était Marie-Josèphe Angélique ?


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Sur cette page je vous décris en quelques mots qui était Marie-Josèphe Angélique,
en vous donnant les liens qui m'ont servi à receuillir ces informations.

On this page you will find a short description on Marie-Josèphe Angélique,
along with the links where I was able to collect this information.

English follows


LA COLONISATION ET L'ESCLAVAGE

LA COLONISATION ET L'ESCLAVAGE
Nancy De Graff
Coordonnatrice du Mois de l'histoire des Noirs 1997

Contraitement à la croyance populaire, la présence des Noirs au Québec et au Canada date du XVIIe siècle. Les notes historiques qui vont suivre tentent de faire connaître un peu mieux cette partie trop souvent négligée de notre histoire commune.

Le premier Noir à voir son nom inscrit dans les annales du Québec est le navigateur Mathieu Da Costa qui accompagnait Samuel de Champlain lors de son premier voyage. Quittant La Rochelle le 13 mai 1606 à bord du Jonas pour le Canada (Acadia), Mathieu Da Costa possédait une grande connaissance des langues autochtones laissant supposer qu'il avait déjà maintes fois foulé le sol canadien. Cette connaissance lui a permis de servir d'interprète auprès des Micmacs pour Samuel de Champlain. Éduqué et bâptisé, Da Costa est devenu membre du plus ancien membre du Canada, l'Ordre de la bonne humeur. Il a participé à la construction de Port-Royal où il meurt en 1607.

Mais l'histoire officielle de la présence noire au Québec débute en 1628, avec la vente par des capitaines anglais, d'un jeune esclave noir, Olivier Le Jeune. Cette transaction marque le début d'une époque peu glorieuse pour les Noirs au Québec; une histoire d'esclavage, d'oppression et de perte d'idendité. En mai 1689, le roi de France permet, pour la première fois, à ses sujets d'importer des esclaves noirs. L'esclavage ne devient quand même pas pratique courante en Nouvelle-France, il est cependant accepté comme faisant partie de l'ordre social.

Entre 1689 et 1834, on importe plus de 2000 Noirs, pour servir principalement de domestiques dans la région montréalaise. On compte à la même époque plusieurs Noirs affranchis qui ont obtenu leur liberté par manumission et qui cherchent à s'établir comme commerçants ou entrepreneurs. Plusieurs de ces Noirs affranchis sont des Loyalistes ayant traversé la frontière suite à la révolution américaine.

Pour en savoir plus, allez à http://www.geocities.com/BourbonStreet/5041/

Angelique 1734, Guy Giard et Tania Faye
2002
'Angélique 1734', Guy Giard et Tania Faye, 2002

 Marie-Josèphe Angélique

 Marie-Josèphe Angélique
 Née à Madeira, Portugal vers1705, pendue à Montréal le 21 juin 1734

Angélique était une esclave d'un négociant de Montréal qui se nommait François Poulin de Francheville (François Poulin de Francheville qui fondera le 25 mars 1730 les Forges Saint-Maurice). Après avoir enfanté trois enfants, tous morts peu de temps après leurs naissance, et dont le père était un autre esclave du nom de César, elle tomba amoureuse d'un blanc, Claude Thibault. En 1734, Angélique apprend que sa maîtresse, Thérèse Découagne, devenue veuve de François Poulin, a décidé de la vendre. Elle pris alors la décision de s'enfuir. Elle mis supposément  le feu la nuit tombée à la maison de sa matrone sur la rue Saint-Paul à Montréal. Maison après maison brûle et une partie de l'Hôtel-Dieu, soit en tout 46 maisons qui furent la proie des flammes.

On la captura et le 11 avril 1734, on l'accusa d'avoir mis le feu à la moitié de la ville de Montréal. L'accusation s'appuyait sur le témoignage d'une enfant de cinq ans, la fille d'un marchand qui a voulu accoupler Angélique avec un autre esclave. En rendant le jugement, le juge aurait expliqué que le témoignage était un peu faible mais qu'il déclarait tout de même Marie-Joseph Angélique coupable. L'acte de condamnation se lisait tel ce qui suit :

 …à faire amende honorable nue en chemise, la corde au col, tenant en ses mains une torche ardente du poids de deux livres au devant de la porte et entrée de l'Église parroissiale de la Ville de Montréal, ou Elle sera menée et conduite par l'Exécuteur de la Haute Justice dans un tombereau servant à enlever les immondices, ayant Écriteau devant et derrière avec le mot incendiaire, et la, nue tête et à genoux déclarer que méchamment Elle a mis le feu et causé ledit incendie dont Elle se repent et demande pardon à Dieu, au Roy et a la Justice, ce fait avoir le poing coupé sur un poteau qui sera planté au devant de la dite Église, après quoi sera menée par ledit Exécuteur dans le même tombereau à la place publique pour y être attaché à un poteau avec une chaine de fer et brulée vive, son corps réduit en cendres et celle-ci jetées au vent.  
APQ. Registre criminel, IV: 24-26; Procédures judiciaires, Matières criminelles, IV: feuille 237. - BRH, XXIV :275

Conduite à Québec, Marie-Josèphe Angélique en appela au Conseil Souverain qui adoucit sa peine : elle n'aura pas le poing coupé et son corps ne sera brûlé qu'après la mort. La coupable fut ramenée à Montréal où elle fut exécutée, selon l'ordonnance, le 21 juin 1734.  Le matin de son exécution elle fut soumise à la Question Ordinaire et Extraordinaire, torture appliquée aux comdamnés pour leur faire avouer leur culpabilité et dénoncé d'éventuels complices.(Voir description ci-dessous). Marie-Josèphe Angélique avoua son crime, mais seulement après quatre tentatives du tortionnaire, et elle persista à ne dénoncer aucun complice. Vers les trois heures elle fut mis dans la charrette à vidanges jusqu'à l'échafaud ou elle fut pendue et brulée.

Pour en savoir plus, allez à
et Marcel Trudel, L'esclavage au Canada Français, Les Presses Universitaires Laval, 1960

COLONIZATION AND SLAVERY

COLONIZATION AND SLAVERY
Nancy De Graff
Black History Month Coordinator 1997 Edition

Contrary to popular belief, the presence of Blacks in Quebec and Canada dates back to the 17th century. The goal of the following historical notes is to inform the readers of a neglected part of our common history.

The first Black to have his name inscribed in the Quebec history records is the navigator Mathieu Da Costa who was accompanying Samuel de Champlain during his first trip to the New World. Da Costa was aboard the Jonas which left La Rochelle on May 13, 1606, for Canada (Acadia). He knew the MicMac language and acted as an interpreter for the French. This knowledge leads us to believe that he probably travelled on Canadian soil before. Da Costa was an educated and baptized Christian and was a charter member of Canada's oldest club «The Order of Good Cheer». He participated to the construction of Port Royal where he died in 1607.
Mathieu Da Costa
However, in the official historical records, the presence of Blacks in Quebec starts in 1628, when a young Black slave, Olivier Le Jeune was sold by British captains. This transaction marks the begining of a distressful era for Quebec Blacks: a period of slavery, oppression and the loss of identity. In May 1689, the king of France officially allowed for the first time, the purchase of African slaves. Although the use of African slaves was not common in New France, it was widely accepted as being part of the social order.

Between 1689 and 1834, 2000 African slaves were brought into the Montreal region, mostly to serve as domestics. During the same period, several Blacks were emancipated and established themselves as small merchants and entrepreneurs. Many of these emancipated Blacks were Loyalists who crossed the border after the American Revolution.

To know more follow this link  http://www.geocities.com/BourbonStreet/5041/

Marie-Josèphe Angélique

 Marie-Josèphe Angélique
 Born in Madeira, Portugal around1705, hung in Montreal on June 21st, 1734

Angélique was a slave of a trader in Montreal named François Poulin de Francheville (François Poulin de Francheville who founded the Forges Saint-Mauriceon March 25th, 1730). Having given birth to three children, which all died a little time after their birth, and of which the father was another slave named Caesar, she fell in love with a white man, Claude Thibault. In 1734, Angélique learns that her mistress, Thérèse Découagne, widow of François Poulin, decided to sell her. She made then the decision to run away. She supposedly lit a fire at the house of her owner on the street Saint-Paul in Montreal. House after house burnt and a partly the Hotel-Dieui. In all 46 houses were the prey of flames.

Once arrested she was accused on April 11th, 1734 of having set the fire in the city of Montreal. The charge leaned on the testimony of a five-year-old child, a girl of a trader who wanted to mate Angélique with another slave. In his judgment, the judge would have explained that the testimony was a little bit weak but that he declared all the same the guilt of Marie-Joseph Angélique. The act of condemnation read as follows:

To make honorable amends bare in shirt, the rope on her collar, holding in her hands a burning torch of the weight of two pounds in front of the door and the entrance of the Church parroissiale of the City of Montreal, where she will be led by the Executioner in a tipcart serving for removing garbage, having a placard in front of and behind her with the word: incendiary, and, bare headed and on her knees to declare that she maliciously set the fire and caused the aforementioned fire of which she regrets and asks for forgiveness to God, to the King and the Justice, this fact to have her fist cut on a post which will be planted in the front of said Church, later which will be led by the aforementioned Executive in the same tipcart to the square to be attached to a post with a  iron chains and burnt alive, her ashes after blown in the wind.
APQ. Criminal register, IV: 24-26; judicial Procedures, criminal Materials(Subjects), IV: sheet(leaf) 237. - BRH, XXIV 275

Driven in Quebec, Marie-Josèphe Angélique asked to the Sovereign council to ease her judgment: she will not have her fist cut and her body will be burned only after her death. She then was returned in Montreal where she was executed, according to the decision, on June 21st, 1734. In the morning of her execution, she was subjected to the Common and Extraordinary Question, the torture applied to the accused to make them confess their crime and denounced possible accomplices. (See description below).  Marie-Josèphe Angélique admitted her crime, but only after four attempts by the executioner, and she persisted in denouncing no accomplice. At about the three o'clock she was put in the garbage cart and led to the scaffold where she was hung and burnt.

To know more about it, please, go in
et Marcel Trudel, L'esclavage au Canada Français, Les Presses Universitaires Laval, 1960


La Question Ordinaire et Extraordinaire


LA QUESTION :

Supplice officiel. Selon la gravité du cas et d'après les termes de l'arrêt, il y avait trois sortes de questions : la question préalable ou préparatoire qui était appliquée au condamné à mort soupçonné d'avoir eu des complices, pour le contraindre à avouer leurs noms. La question ordinaire ou simple qui ne pouvait être appliquée que dans le cas où il y avait une demi-preuve contre le prévenu d'un crime puni de mort. La question extraordinaire, beaucoup plus cruelle, s'employait contre les condamnés à mort pour les forcer à révéler leurs complices. Il y avait la question à eau ou par extension et la question par les BRODEQUIN, lesquelles exigeaient un savoir-faire spécial.

Voici d'après l'ordonnance de 1697 la description des moyens employés pour faciliter l'expression de la vérité :

La question sera donnée dans une chambre spéciale en présence du rapporteur et de l'un des juges du procès. Il y aura une SELLETTE pour faire asseoir l'accusé pendant son interrogatoire, un bureau pour le greffier et un petit tableau pour l'Évangile sur lequel le patient jurera de dire la vérité. Deux chirurgiens et un médecin seront préalablement consultés et donneront leur avis sur l'état de l'accusé afin de savoir si ses forces lui permettent de supporter la torture sans danger pour sa vie.

Question à eau ou par extension : On allume un grand feu dans la cheminée devant laquelle on étend un matelas sur lequel on place le patient à la fin de la torture ou plutôt s'il demande à faire des révélations. Pour la question ordinaire ou préparatoire, on dresse un petit tréteau de deux pieds de haut sur lequel on étend le questionné, les membres tendus par des cordes à des anneaux scellés dans le mur. Le questionnaire  lui soulève la tête, lui serre le nez et, au moment où il ouvre la bouche pour respirer, introduit le bout d'une corne sciée par la plus petite extrémité. Dans cette corne formant entonnoir, il verse lentement et de haut quatre coquars d'eau, mesure de Paris de deux pintes et chopine chacun. L'hiver on fait un peu chauffer l'eau. Un récipient est placé sous la tête de l'accusé pour recueillir ce qui pourrait tomber du liquide, afin que rien ne soit perdu et qu'il n'y ait ni faveur, ni supercherie. Pour la question extraordinaire, mêmes précautions. Le condamné est bandé à force d'hommes le plus fortement possible. Puis le questionnaire reprend sa corne et verse quatre nouveaux coquars d'eau.

Les BRODEQUINS : Le patient est déchaussé jusqu'aux genoux. On le fait asseoir, on lui lie les bras et on lui fait tenir les jambes d'aplomb. De chaque côté des deux jambes, on lie deux planches, l'une en-dedans, l'autre en-dehors, fixées par des courroies sous le genou et au-dessus de la cheville. Les deux jambes sont ensuite assemblées au moyen d'autres courroies bien serrées. Alors, entre les deux planches placées dans l'intérieur des jambes on fait entrer des coins à grands coups de maillet par en haut et par en bas. La question ordinaire est de quatre coins, l'extraordinaire de huit Si les forces du malheureux viennent à défaillir, on lui donne un peu de vin.

 L'accusé auquel la torture n'avait arraché aucun aveu était réputé innocent.

SELLETTE : Siège de bois fort bas qui était disposé dans le prétoire des tribunaux criminels et sur lequel on faisait asseoir l'accusé pour subir son dernier interrogatoire, lorsqu'il était conclu contre lui à l'application d'une peine afflictive. Cet interrogatoire était le dernier acte de l'instruction dans les procès au grand criminel ; il précédait immédiatement la sentence. De là vient l'expression être mis sur la sellette


The Common and extraordinary Question


THE QUESTION:

Official torture. According to the gravity of the case and according to the terms of the ruling, there were three sorts of questions: the previous or preparatory question which was applied to the person condemned to death suspected of having had accomplices, to force him to admit their names. The common or simple question which could be applied only in case there was a half-proof against the accused of a crime punished for death. The much crueler, extraordinary question, was used against the persons condemned to death to force them to reveal their accomplices. There was a question with water or by extension and the question by the BRODEQUIN, which required a special know-how.

Here is according to the prescription of 1697 the description of the average employees to facilitate the expression of the truth:

The question will be given in a special room in the presence of the reporter and of one of the judges of the lawsuit. There'll be a STAND to make sit the accused person during the interrogation, a desk for the clerk of the court and a small table for the Gospel on which the patient will swear to say the truth. Two surgeons and a doctor will beforehand be consulted and will give their opinion onto the state of the accused person to know if his forces allow him to support the torture without danger for its life.

Question with water or by extension: one lights a big fire in the fireplace in front of which one spreads a mattress on which one places the patient at the end of the torture or rather if he asks to make revelations. For the common or preparatory question, one raises a small trestle two feet high on which one spreads the questioned, the members tightened  by ropes at rings sealed in the wall. The questionnaire raises his head, squeezes his nose and, as it opens the mouth to breathe, introduces the end of a horn sawed by the smallest extremity. In this horn forming funnel, he overturns slowly and of height four coquars of water, measure of Paris of two pints and bottle of wine each. The winter one a little makes warm the water. A bowl is placed under the head of the accused person to collect what could fall some liquid, so that nothing is lost and so that there's neither favour, nor trickery. For the extraordinary question, the same precautions. The condemned person is bandaged by means of men most strongly possible. Then the questionnaire resumes its horn and pours new four coquars of water.

The BRODEQUINS: the patient is removed the shoes up to knees. One makes him sit, one binds his arms and one makes him hold the legs of balance. On each side both legs, one binds two boards, the one inside, the other one outside, fixed by belts under the knee and over the ankle. Both legs are then assembled by means of the other well tightened belts. Then, between both boards placed in the inside of legs one admits corners with big knocks of mallet by at the top and by below. The common question is four corners, the extraordinary of eight If the forces of the unfortunate come to weaken, one gives him a little wine.

The accused person to whom the torture had torn away no confession was considered innocent.

STAND: seat of very low wood which was arranged in the court of the criminal courts and on which one made sit the accused person to undergo its last interrogation, when it was concluded against him with care of an afflictive punishment. This interrogation was the final act of the instruction in the lawsuits to the big criminal; it preceded at once the judgment. From there comes the expression to be put on the stand




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